Enivrez-vous.
Il faut être toujours ivre. Tout est là : C’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fosse, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous reveillez, l’ívresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horlage, à tout ce qui fruit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horlage, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Charles Baudelaire.
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2 comentários:
Merci pour le texte, Fabrício. Il est vraiment beau!
Gabriela
Obs: je vais corriger une ou deux petites choses, ok?!
c'est profonde ça!
hehheh mais je ne m'énivre pas! :P
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